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z. adli, a. ferrah, s. yahiaoui, KACI m.,
CHEHAT F-
Le développement de la PME en Algérie :
l’impératif de mise a niveau des institutions
Introduction
Le fait est
indéniable. Les petites et les moyennes entreprises (PME)(1)jouent
un rôle fondamental dans le processus de développement économique et
social. Par la flexibilité de leurs structures, leur capacité à
s’adapter aux pressions multiformes de l’environnement économique,
leur aptitude à assurer une intégration économique et le
développement des régions, les PME sont au centre des politiques
industrielles et des préoccupations politiques des États soucieux de
préserver et de développer l’emploi.
Les PME s’érigent,
aujourd’hui, en acteurs majeurs de la sphère industrielle des pays
développés à l’instar des pays de l’Union Européenne. Le cas de
l’Italie est à cet effet fort éloquent en ce sens que les petites
entreprises participent pour 80 % et 60 % dans la création des
emplois et de la valeur ajoutée respectivement.
En Algérie, il
faudra remonter à la fin des années 80 pour déceler les prémices
d’une option favorable au développement des PME privées. Le regain
d’intérêt pour les PME apparaît de manière perceptible à la faveur
de la mise en œuvre du processus des réformes économiques libérales.
L’orientation en faveur des PME est apparue, dans le contexte de la
transition vers l’économie de marché, comme une alternative à la
relance des investissements et à l’essoufflement du modèle
d’industrialisation de base en Algérie attesté par l’effondrement du
secteur public économique.
Le développement
de la PME a connu un essor remarquable favorisé par les politiques
publiques incitatives en termes d’encadrement institutionnel,
d’aides publiques, de réglementation et de mise à niveau. Cette
tendance transparaît, notamment, dans le secteur des industries
agroalimentaires dont les structures ont connu une transformation
radicale à la suite de la libéralisation des marchés des produits
agroalimentaires et la restructuration des entreprises publiques
impliquées dans les principales filières agroalimentaires (Céréales,
aviculture, lait, corps gras).
Mais en dépit de
leurs atouts, les PME privées présentent aujourd’hui des structures
économiques, financières et organisationnelles fragiles laissant
suggérer que les efforts de promotion de la PME entrepris par
l’État, depuis le début des années 90, n’ont pas abouti à un
décollage significatif de ces entreprises en Algérie.
Une des hypothèses
formulées pour expliquer cette léthargie de la PME algérienne
postule qu’au-delà des contraintes propres à cette catégorie
d’entreprises(2),
celles-ci n’ont pas bénéficié d’un environnement institutionnel
adéquat susceptible de soutenir leur déploiement et leur
modernisation. Cette perspective véhicule des risques majeurs pour
les PME d’autant plus élevés qu’elles sont relativement démunies en
ressources et en connaissances techniques et scientifiques pour
faire face à la concurrence que ne manquerait pas d’induire la
signature de l’accord d’association avec l’UE et la prochaine
adhésion de l’Algérie à l’OMC.
I.
Point de
situation sur le développement de La PME en Algérie.
Tenter de restituer la structure et la dynamique des PME, en
Algérie, reste une entreprise pour le moins ardue au regard de la
faiblesse manifeste du système d’information statistique relatif à
la PME. Les quelques données disponibles permettent, néanmoins, de
relever les caractéristiques essentielles de ces entreprises (3).
La
population des PME a connu une expansion importante depuis 1995 (Cf.
Tableau 1). Celle-ci a été perceptible durant la période 1995-2000
qui a vu le nombre des PME s’accroître de 22 % en relation avec le
foisonnement des entreprises liées aux secteurs de l’agriculture, du
bâtiments et des travaux publics (BTP) et du commerce. Ainsi, une
première lecture des données disponibles permet de mettre en exergue
l’émergence effective du capital privé dans la sphère économique
nationale. En effet, la majorité des PME Algériennes ont été créées
durant cette période (4). Cette évolution est le résultat des
mesures d’incitation et d’encadrement, en faveur de la promotion de
l’investissement, prises par les pouvoirs publics dans le cadre des
réformes économiques libérales. Cependant, au-delà de l’expansion du
tissu de la PME ainsi enregistrée, il reste que le rythme de
création d’entreprises demeure faible comparativement à celui en
vigueur dans les pays industrialisés (5).
Toutefois, une nette tendance à la régression du rythme de création
des PME est observée depuis l’année 2000 (- 22 %). Ce mouvement a
affecté les secteurs du commerce et de l’industrie. Cette tendance
est néanmoins contrebalancée par la croissance du nombre de PME dans
les secteurs de l’agriculture, du BTP et des services fournis aux
entreprises. Cette évolution a été confortée par les effets
d’entraînement exercés par les différents programmes d’aides
publiques à l’instar du programme de développement agricole et rural
(PNDAR) et du programme relatif à l’habitat qui ont fait l’objet
d’interventions soutenues de la part de l’État (6).
Les
interventions de l’État à travers les réformes économiques
introduites depuis le début des années 90 ont eu une incidence sur
le tissu des PME dont la structure a changé radicalement. Les
structures de la PME intègrent des entreprises artisanales dont le
nombre a évolué à la hausse depuis l’an 2000. Les dernières
publications officielles du ministère de la PME-PMI et de
l’artisanat évaluent cette population à 86732 entreprises pour
173 920 salariés soit prés de 21 % des emplois déclarés par
l’ensemble des PME (7) estimés à prés de 840.000 emplois en 2004
(Cf. Tableau 2). Ces entreprises jouent un rôle important dans
l’agroalimentaire.
|
Tableau 1. Évolution de la structure de la population
des PME privées en Algérie (1995-2004) |
|
Secteurs d’activités |
1995 |
2000 |
2004 |
Accroissement 1995-2000 |
Accroissement 2000-2004 |
|
·
Agriculture |
542 |
754 |
2748 |
39 |
264 |
|
·
Industrie (y compris hydrocarbures) |
36285 |
43721 |
46991 |
20 |
7 |
|
·
Bâtiments et travaux publics |
16010 |
18674 |
72869 |
17 |
290 |
|
·
Services |
183461 |
224385 |
102841 |
22 |
-54 |
|
Dont |
|
|
|
|
|
|
Commerce |
127234 |
157392 |
37954 |
24 |
-76 |
|
Transport et communication |
15010 |
16216 |
20294 |
8 |
25 |
|
Hôtel, café et restaurant |
14443 |
17292 |
14103 |
20 |
-18 |
|
Services fournis aux entreprises |
2005 |
2416 |
10843 |
20 |
349 |
|
Services fournis aux ménages |
24769 |
31069 |
16933 |
25 |
-45 |
|
Total |
236.298 |
287.534 |
225.449 |
22 |
-22 |
|
Tableau 2. Structure de la PME en Algérie (2004) |
|
|
Nombre de PME |
Nombre d’emplois |
|
Nature des PME |
Nombre |
% |
Nombre |
% |
|
PME privées (1) |
225 449 |
72 |
592 758 |
71 |
|
PME publiques (2) |
778 |
0 |
71 826 |
9 |
|
Artisans (3) |
86 732 |
28 |
173 920 |
21 |
|
Total |
312 959 |
100 |
838 504 |
100 |
|
Source 1 – CNAS. 2- MDPMI. 3 - CAM |
L’examen de la structure de la population des PME, selon le nombre
de salariés déclarés, met en évidence, au-delà des incohérences des
diverses sources d’information existantes, la prépondérance de la
très petite entreprise (TPE) ou de la micro entreprises en Algérie.
Les données issues du traitement du fichier national des
établissements de l’ONS révèlent que 90 % des PME existantes
appartiennent à la catégorie des micros entreprises avec moins de 10
salariés (Cf. Tableau 3).
Evaluer le poids relatif de l’emploi généré par cette catégorie
d’entreprises pose problème en raison de la prégnance du phénomène
de la sous déclaration administrative et de l’existence d’activités
immergées dans le secteur de l’informel (8). Selon le CNES, les TPE
n’occupent toutefois que 35 % de l’emploi global déclaré par les PME
(Données de 1999) (9). La publication du MDPMI affiche en 2004 un
taux de 23 % d’emplois affectables aux entreprises artisanales
(Moins de 10 salariés).
Globalement, les effectifs employés par les PME sont passées de
634375 (CNAS) à 766678 (CNAS, MDPMI) travailleurs entre 1999 et
2004 soit un taux de croissance de 21 %.
La
prégnance de la TPE semble constituer une donnée immuable de la
structure des PME en Algérie et témoigne de ce que la majorité de
ces entreprises ne sont pas portées sur les stratégies de
croissance. En effet, les données statistiques de l’ONS relevaient
déjà, en 1992, que 84 % des entreprises employaient moins de 4
salariés (10).
Il
est fort utile de s’interroger sur les facteurs qui ont été à
l’origine de cet état de fait. L’inexistence d’un environnement
institutionnel adéquat peut se révéler comme une hypothèse de
travail qu’il importe de vérifier sur le terrain.
|
Tableau 3. Évolution de la structure des PME en Algérie
(1995-2000) |
|
Secteurs d’activités |
1995 |
2000 |
|
Privé de 10 salariés et + |
Privé –10 salariés |
Privé de 10 salariés et + |
Privé –10 salariés |
|
Agriculture |
77 |
23 |
81 |
19 |
|
Industrie (y compris hydrocarbures) |
13 |
87 |
12 |
88 |
|
BTPH |
22 |
78 |
23 |
77 |
|
Services: |
8 |
92 |
9 |
91 |
|
Total |
9 |
91 |
10 |
90 |
|
Source. Nos calculs à partir des données du fichier
général des établissements – année 2000 – ONS |
Au
plan de la répartition spatiale, les zones côtières et les pôles
urbains et industriels polarisent l’essentiel des PME en Algérie.
En effet, plus de 50 % des PME recensées en 2004 se localisent dans
10 wilayate (11) traduisant ainsi un déséquilibre dans le
développement des régions et une occupation irrationnelle de
l’espace sans omettre de souligner les problèmes d’environnement que
ne manquerait pas de générer une telle concentration géographique.
L’examen de la répartition de la population des PME selon les
secteurs d’activités permet de montrer que ces entreprises se
déploient sur des activités aussi diversifiées que le BTP, le
commerce et la distribution, l’hôtellerie et la restauration. Une
lecture plus nuancée des données montre que les PME se concentrent
essentiellement sur les activités de services, à l’instar du
commerce et de la distribution (Cf. Tableau 4), témoignant d’un
processus de tertiarisation avancé des PME algériennes. En effet, la
distribution des PME, par secteur d’activité, classe pour la période
1995-2004, les services au premier rang ; leur part représente
environ 67 % de l’ensemble des entreprises, suivies de loin par
l’industrie avec 17 % et le BTPH avec 15 % des effectifs
d’entreprises recensées.
Le processus de tertiarisation semble persister depuis 1995 même si
l’on peut relever l’implication de plus en plus importante des PME
dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie et du BTP au
détriment des services et, plus particulièrement, du commerce et de
la distribution dont la proportion a enregistré une déclin relatif
et absolu en 2004.
Ces
tendances sont corroborées par les intentions d’investissements
enregistrées aussi bien par l’ANDI que les dispositifs orientées
vers la création des micros entreprises (ANSEJ, CNAC).
Dans
le domaine de l’industrie, les PME sont déploient essentiellement
sur les industries de l’agroalimentaire, du bois et du papier qui
représentent plus de 55 % des PME recensées en 2004.
Au plan économique, le processus de libéralisation fait que les
entreprises privées ont surclassé le secteur public dans le
processus de création des richesses. En effet, le Ministère des
Finances estime que la valeur ajoutée totale du secteur privé (Hors
hydrocarbures) représente près de 60% de la richesse nationale (12),
alors que cette proportion n’était que de 40 % en 1990 (13).
La lecture des données relatives à la structure de la valeur
ajoutée (Hors hydrocarbures) permet de noter que la contribution des
PME privées à la création de la valeur ajoutée (VA), au cours de la
période 1985-2001, a augmenté de manière significative passant de 47
% en 1985 à 77 % en 2001. Les entreprises privées, de 10 salariés et
plus, n’ont créé néanmoins que 3.3% de la VA en 1985 contre 1.8% en
2001 bien que leur nombre ait augmenté de 33%. Ainsi la quasi
totalité de la VA privée provient des entreprises de moins de 10
salariés, soit 75% de la VA en 2001 contre 44 % en 1985 (Cf. Tableau
5).
De telles proportions semblent suggérer une contribution plus
importante des entreprises individuelles et familiales (moins de 10
salariés) à la création des richesses. Dans les faits, elles
traduisent l’incapacité de l’appareil statistiques officiel à
appréhender la démographie ainsi que les principaux agrégats
(Chiffre d’affaires, production, salariat, valeur ajoutée) de la PME
du fait, en particulier, de l’existence d’une sphère relativement
importante de l’informel(14)et de la faiblesse des études et des
enquêtes spécifiques à cette catégorie d’entreprises.
|
Tableau 4. Évolution de la structure de la population
des PME
selon les secteurs d’activité |
|
Secteurs d’activités |
Nombre d’entreprises |
Structure % |
|
1995 |
2000 |
2004 |
1995 |
2000 |
2004 |
|
Agriculture |
542 |
754 |
2748 |
0,23 |
0,26 |
1,22 |
|
Industrie (y compris hydrocarbures) |
36285 |
43721 |
46991 |
15,36 |
15,21 |
20,84 |
|
BTPH |
16010 |
18674 |
72869 |
6,78 |
6,49 |
32,32 |
|
Services : |
183461 |
224385 |
102841 |
77,64 |
78,04 |
45,62 |
|
Dont |
|
|
|
|
|
|
|
Commerce |
127234 |
157392 |
37954 |
53,84 |
54,74 |
16,83 |
|
Transport et communication |
15010 |
16216 |
20294 |
6,35 |
5,64 |
9,00 |
|
Hôtel, café et restaurant |
14443 |
17292 |
14103 |
6,11 |
6,01 |
6,26 |
|
Services fournis aux entreprises |
2005 |
2416 |
10843 |
0,85 |
0,84 |
4,81 |
|
Services fournis aux ménages |
24769 |
31069 |
16933 |
10,48 |
10,81 |
7,51 |
|
Total |
236298 |
287534 |
225449 |
100,00 |
100,00 |
100,00 |
|
Tableau 5. Évolution de la structure de la valeur
ajoutée dans le système productif (Hors hydrocarbures). |
|
Catégorie d’entreprises |
1985 |
1992 |
1997 |
2001 |
|
Entreprises publiques |
52,7 |
37,0 |
27,0 |
22,8 |
|
Entreprises privées de 10 salariés et plus |
3,3 |
2,0 |
2,0 |
1,8 |
|
Entreprises privées de – de 10 salariés |
44,0 |
61,0 |
71,0 |
75,4 |
|
Total national |
100 |
100 |
100 |
100 |
|
Source : « Évaluation et analyse de la place de
l’économie informelle en Algérie »- M.H. Zidouni –ONS |
En
définitive, s’il fallait dresser quelques traits caractéristiques du
tissus des PME en formation depuis le début des années 90, nous
dirons que :
-
L’essor de la PME en Algérie est relativement récent en ce sens que
la majorité des entreprises ont été créées au cours de la période
1995-2000. Cette tendance a été confortée par la mise en œuvre du
processus de libéralisation économique et les incitations publiques
favorables à la promotion des investissements privés.
- le
rythme de création d’entreprises demeure faible comparativement à
celui en vigueur dans les pays industrialisés.
- La
très petite entreprise (TPE) ou la micro entreprises d’envergure
familiale domine la structure globale des PME en Algérie. La
majorité de ces entreprises relèvent du secteur de l’activité
informelle qui échappe à l’emprise de l’État.
- La
localisation géographique des PME est déséquilibrée compte tenu de
la concentration des entreprises dans une dizaine de wilayate
nordiques.
- Les
PME existantes se concentrent sur les activités de services, le BTP
et secondairement les industries manufacturières (Agroalimentaires,
bois et papier). Les activités à haute valeur technologique ne sont
que faiblement (Études et conseils, développement informatique)
voire rarement (Biotechnologie, traitement de l’information et bases
de données, web développement, biotechnologies) investies par les
PME.
- La
contribution des PME privées à la création de la valeur ajoutée a
progressé de manière notable depuis le début des années 90 mais
leurs activités se caractérisent, dans certains secteurs, par la
prégnance des activités informelles.
II.
Les PME
face à l’inadéquation de la matrice institutionnelle.
Longtemps frappé d’ostracisme, à l’instar de toutes les initiatives
économiques privées, la PME n’a pas connu un développement notable
au cours de la période 1962-1982. Cantonnées dans un espace de
marginalité économique, les entreprises privées tolérées évoluaient
à la lisière des politiques de développement centrées sur les
entreprises à capitaux publics.
En fait, ce n’est
qu’au début des années 90, à la suite de l’enclenchement du
processus des réformes économiques libérales, que le principe de la
liberté d’investir est consacré par la loi. La promulgation de la
loi relative à la monnaie et au crédit de 1990 et la levée
progressive du monopole de l’Etat sur le commerce extérieur (15) ont
permis de réunir les conditions objectives propices au développement
de l’investissement et de la PME privée en Algérie.
Ce processus a
été consolidé avec l’adoption du code des investissements consacré
par le décret législatif N°93-12 du 5 octobre 1993 relatif à la
promotion de l’investissement. Ce dernier instituait l’Agence
nationale pour la promotion de l’investissement (APSI), agence
publique chargée de l’assistance et de l’encadrement des
investisseurs. Concomitamment à la création de l’APSI, des Comités
d’Assistance, de Localisation et de Promotion des Investissements
(CALPI) ont été mis en place à l’échelon local en vue d’assister
les investisseurs dans le domaine sensible du foncier industriel.
Dans les faits,
le dispositif ainsi créé n’a pas contribué à la relance de
l’investissement privé. Le constat de carence ainsi établi a
débouché sur la révision du dispositif institutionnel qui s’est
matérialisée à travers la promulgation, en 2001, de deux textes
législatifs fondamentaux : l'ordonnance relative au développement de
l’investissement (Ordonnance N° 01-03 du 20/08/2001) et la loi
d'orientation sur la promotion de la PME (Loi N° 01-18 du 12
décembre 2001).
L'ordonnance
portant développement de l’investissement se fixait pour objectif
principal l’aménagement de conditions favorables à l’investissement
privé à travers :
- La
reconstitution de la chaîne de l'investissement et l’amélioration de
l’environnement administratif et juridique des entreprises.
- La création du
Conseil National de l’investissement (CNI), placé sous l'autorité du
Chef du gouvernement, chargé de proposer la stratégie et les
priorités pour le développement de l’investissement.
-
La
création d'un fonds d'appui à l'investissement et à la modernisation
des entreprises pour la prise en charge de la contribution de l’Etat
dans le coût des avantages octroyés aux entreprises et de la
couverture partielle ou intégrale des travaux d’infrastructures de
ces dernières.
La gestion de ce
fonds, ainsi que l’encadrement administratif des investisseurs, est
confiée à l’agence nationale pour le développement des
investissements (ANDI) créée en remplacement de l’APSI(16). Le
dispositif de promotion des investissements ainsi érigé est complété
par un mécanisme orienté vers les jeunes pour la création de micro
entreprises, domicilié auprès de l’Agence Nationale de Soutien à
l’Emploi des Jeunes (ANSEJ).
La loi
d'orientation sur la promotion de la petite et moyenne entreprise,
définissant et fixant les mesures de facilitation administrative en
faveur des PME, prévoyait la création d'un Fonds de Garantie des
prêts bancaires accordés aux PME (FGAR). Les dispositions de cette
loi intégraient aussi des mécanismes d’aide et de soutien publics
aux PME et des systèmes de production et de gestion de l’information
économique impliquant en particulier la création du Centre d'Etudes
et de Recherches de la PME. Le développement de la sous-traitance,
en tant qu'instrument d’extension du tissu des PME, a été également
pris en charge par la présente loi.
Par ailleurs, du
fait des contraintes posées par le financement des investissements
dans la PME, une caisse de garantie des crédits d’investissements (CGCI)
(17) a été instituée en 2004. Un projet de spécialisation d’un
établissement bancaire public dans le financement des PME est, en
outre, présentement à l’étude en vue de lever la contrainte du
financement des investissements qui a fortement entravé l’essor de
la PME en Algérie (18).
Au plan du
soutien financier des PME, des fonds spécifiques ont été institués
en vue d’assurer l’encadrement des entreprises dans le processus de
modernisation de leurs actifs et de leur mode de gestion rendus
nécessaires par perspectives éminentes d’adhésion de l’Algérie à
l’OMC et la signature de l’accord d’association avec l’Union
Européenne. En effet, l’ouverture des marchés et le démantèlement
des barrières tarifaires impliquent la nécessité d’améliorer la
compétitivité des PME par une « mise à niveau » orientée aussi bien
vers les fonctions de l’entreprise (Produits, marchés, finances,
emploi, système d’information, système de qualité) que son
environnement institutionnel (Administrations centrales et services
déconcentrés, agences publiques, chambres).
A cet effet,
plusieurs fonds ont été crées. Outre le fonds d'appui à
l'investissement destiné à prendre en charge la contribution de l’Etat
dans le coût des avantages octroyés aux PME, un fonds de promotion
de compétitivité industrielle (FPCI) a été institué auprès du
ministère de l’industrie et de la restructuration (MIR). Le FPCI est
dédié à la mise à niveau des entreprises employant plus de 20
salariés, justifiant d’une existence légale d’au moins trois années
et disposant d’un potentiel de performance attesté par les résultats
financiers et d'un marché porteur (19).
Les PME sont
aussi indirectement ciblées par le biais d’autres fonds sectoriels
(20) qui intègrent les impératifs de mise à niveau des entreprises
dans les domaines du développement agricole et rural, de
l’environnement, de l’énergie, de l’emploi, de la formation
professionnelle, de la recherche et du développement technologique.
Les soutiens
financiers sont, aussi, accordés à la micro entreprise dont le
développement est recherché par les pouvoirs publics. En effet, l’Etat
accorde depuis 1997 un intérêt particulier à la promotion des très
petites entreprises à travers la mise en œuvre des programmes de
micro entreprises et du micro crédit. Un fonds de garanti des
risques liées au micro crédits (FGRMC), géré par la caisse nationale
du chômage (CNAC), a été ainsi créé en 1999 (21) en vue de soutenir
les populations pauvres et non bancarisées dans le processus de la
création de micro entreprises (petits métiers, artisanat, projets de
développement rural). Le volume des ressources consenties par l’Etat
(bonification des taux d’intérêt, réduction des taxes douanières,
fiscales et parafiscales) pour le soutien des projets a été estimé à
prés de 27 milliards de DA pour la période 1997-2003 (22).
En définitive,
le dispositif institutionnel a évolué de manière significative,
depuis le début des années 90, témoignant d’une volonté politique
affirmée d’assurer la promotion et le développement de la PME en
Algérie. L’aboutissement de cette option a été la création récente
d’un Programme National pour la Promotion de la PME doté d’un budget
de 4 milliard de DA pour la période 2005-2009 (23) inscrit au titre
du programme complémentaire de soutien a la croissance (2005-2009).
Conclusion
La question qui
s’impose à cet effet et celle de la capacité du dispositif
institutionnel ainsi mis en place à réunir les conditions favorables
à l’essor de la PME Algérie. Question d’autant plus cruciale que
l’ouverture économique sur les marchés extérieurs ne va pas sans
induire des risques majeurs pour ces entreprises très peu préparées
à soutenir la concurrence des entreprises étrangères.
L’esquisse des
traits caractéristiques de la PME en Algérie (Cf. Supra) témoigne de
ce que ces entreprises présentent des structures financières et
organisationnelles fragiles. La PME dispose certes de l’avantage
d’avoir des structures de coût de travail favorables, mais elles
sont confrontées à des carences importantes dans le domaine des
technologies, de la qualité des produits, de la formation des
ressources humaines, du management et des coûts de transaction qui
obèrent leur compétitivité des entreprises. Ceci est d’autant plus
vrai que certains segments occupés par ces PME, à l’instar des
industries agroalimentaires, sont saturés générant des surcoûts
indirects liés à la sous utilisation des capacités de production.
Dans tous les
cas, les perspectives de démantèlement tarifaire et d’ouverture
économique risquent d’être fatales pour la majorité de ses
entreprises qui, relativement peu dotées en ressources et en
connaissances techniques, ne peuvent soutenir la concurrence des PME
étrangères et des groupes industriels internationaux organisés.
Mais au-delà des
carences propres aux entreprises c’est dans la faible efficience de
la matrice institutionnelle qu’il y a lieu de rechercher le
principal écueil à l’essor du tissu de la PME en Algérie.
Affirmation pour le moins évidente, valable au demeurant pour
l’ensemble des activités économiques, dont la pertinence est
d’autant plus recevable que l’environnement institutionnel actuels
reste marqué par les pratiques héritées de l’économie administrée
qui entravent fortement le développement de la PME.
|