Les
entreprises économiques, en tant qu’acteurs influents, sont de plus
en plus interpellées et intégrées dans les nouveaux dispositifs de
gouvernance de la sphère économique et environnementale dans le sens
de la responsabilité et de l’engagement vis-à-vis des questions de
l’environnement.
En
effet, la pollution industrielle par les émissions gazeuses et les
effluents, la dégradation du patrimoine naturel
(eaux,
terres,
écosystèmes naturels et agricoles,
ressources biologiques…etc.)
constituent autant de menaces sur l’environnement que les
institutions de l’État entendent contrôler.
Cet
impératif de préservation de l’environnement s’impose d’autant plus
que l’Algérie est confrontée, à l’instar des pays industrialisés,
aux risques technologiques encourus liés à
l’existence d’installations à risques majeurs dont le nombre a été
estimé, en 2005, par le Ministère de l'environnement et de
l'aménagement du territoire à prés d’une soixantaine essentiellement
localisées sur le littoral (2).
C’est
dans cette perspective que des dispositifs législatifs à l’instar
des lois relatives à la
gestion des déchets,
à la
protection de
l’environnement, et à la
prévention des risques majeurs,
ont été établis en Algérie en vue:
-
d’évaluer l'incidence environnementale des projets de
développement dans le cadre des études d’impact.
-
d’assujettir toute installation industrielle à la réalisation
d’une étude de danger.
-
d’amener les entreprises à se doter de plans d’intervention
interne (PII) , de plans particuliers d’intervention (PPI) et de
plans généraux de prévention des risques industriels et énergétiques
(PGPRI).
Ce sont là
autant de contraintes que les entreprises devraient intégrer
dans leurs stratégies (Principes de précaution, attente
des partenaires à l'instar des consommateurs, de l'État,
pressions sociales), leurs structures organisationnelles
(management environnemental orienté vers les procédés et les
produits) et leurs politiques financières (maîtrise des coûts
liés aux impératifs de préservation de l'environnement et des
ressources rares).
Mais ces
impératifs représentent, aussi, autant d'opportunités que les
entreprises devront saisir pour consolider à long terme leurs
assises sur les marchés à travers, notamment,
l'amélioration de l'efficacité (gains de productivité et
réduction des coûts de production qu'induirait, par exemple,
la rationalisation de la consommation énergétique) et la
valorisation de l'image de marque de leurs produits.
1. Cf. – MATE- Plan national d’Actions pour l’Environnement et le
Développement Durable. MATE, Janvier 2002, 140 pages.
2. Notons, à
cet effet, qu'en l'espace de trois années (2003-2005), l'Algérie
a enregistré pas moins de huit incidents technologiques
(explosions, fuites, incendies) au niveau des installations
industrielles de Skikda et d'Arzew.