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La
controverse qui a marquée des années durant la
question du foncier agricole en Algérie est-elle en voie de connaître son
épilogue ?
Les terres régies
actuellement par la loi
87-19 du 18 décembre 1987
seront gérées par le
modèle de
la concession.
Ce mode de gestion des terres agricoles du domaine privé de l’Etat a été retenu
lors du Conseil des ministres du 27 septembre 2004.
Cette loi qui serait imminente (actuellement projet
de loi portant mode de gestion des terres agricoles du domaine privé de l’Etat
sur l’agenda du bureau de l’Assemblée Populaire Nationale) introduirait une
gestion privative de la terre qui reste, toutefois, propriété de l’Etat en
réponse au souci d’adaptation de l’activité agricole à l’environnement
économique.
Les pouvoirs publics tiennent au principe de
l’appropriation, car estiment-ils, c’est le seul moyen de préserver la vocation
agricole de ces terres. L’Etat doit, en ce sens, à l’exemple de certains pays
d’Europe, exercer un droit de préemption, acheteur prioritaire, sur toutes les
terres agricoles qui se libèrent..
Les exploitations agricoles collectives et
individuelles seront remplacées par des sociétés civiles d’exploitation
agricole. Elles seront soumises à une fiscalité particulière mieux adaptée à
l’activité agricole. Les sociétaires civiles peuvent procéder à l’ouverture du
capital à des personnes physiques appelées « apporteurs de capitaux ». Il n’est
pas exigé de ces derniers d’être des professionnels du secteur. Le
concessionnaire signera un contrat d’une longue durée renouvelable.
Il convient de signaler que les terres agricoles du
domaine privé de l’Etat occupent une superficie de l’ordre de 2,8 millions
d’hectares, soit 35% de la surface agricole utile. Plus de 2,5 millions
d’hectares ont été attribués à plus de 210 000 producteurs organisés en 96 629
exploitations agricoles collectives et individuelles (EAC et EAI). On dénombre
actuellement 30 519 EAC occupant 1 841 000 ha et 66 110 EAI pour une assiette
foncière de 674.000 ha. La superficie restante, environ 300 000 ha, appartient
aux réseaux des fermes pilotes, des instituts techniques (fermes de
démonstrations) et des instituts de recherche (stations de recherche et
d’expérimentation). Il faudra, néanmoins, relever que chaque année des dizaines
de milliers d’hectares sont réquisitionnés à des fins d’urbanisation, sans
indemnisation.
Les politiques foncières ont justement pour but de
protéger le « capital terre » d’un pays, d’empêcher la dégradation des sols, les
détournements, d’affectation vers des usages spéculatifs, de favoriser
l’émergence d’exploitations agricoles viables du point de vue économique et
technique.
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