Algérie : Premier pays
«Vert »d’Afrique?
La publication récente d'un article
sur le
Journal El Moudjahid conférant à l'Algérie la première place
Africaine en matière de préservation de l'environnement et le
"Qualificatif" de la première ville verte d'Afrique appelle un certain
nombre de lectures critiques quant aux résultats du classement publiée
par les
éditions internationales du Reader Digest .
Le traitement des
données détaillées publiées sur le site de Reader Digest.
Le classement des 141 pays a été
réalisé par le traitement et le recoupement des données provenant de
deux sources majeures à savoir;
- Indicateur 2006 de
développement humain (IDH)
- Indice 2005 de développement
durable (IDD).
L'examen des données relatives aux
pays du Maghreb et de l'Algérie fait ressortir le retard important
enregistré par l'Algérie.
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Tableau 1 Classement des
Villes vertes selon l'Etude publiée
par
éditions internationales du Reader Digest . |
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Algérie |
Maroc |
Tunisie |
Lybie |
Maurétanie |
|
Classement Mondial |
72 |
102 |
62 |
64 |
127 |
|
IDH |
77 |
95 |
68 |
49 |
118 |
|
Risques de pollution de l'eau |
78 |
121 |
126 |
105 |
13 |
|
Risques pour l'écosystème |
14 |
35 |
28 |
11 |
115 |
|
Croissance de la population |
63 |
67 |
49 |
93 |
126 |
|
Empreinte écologique |
2 |
85 |
47 |
101 |
117 |
|
Qualité de l'air |
70 |
83 |
56 |
37 |
64 |
|
Qualité de l'eau |
136 |
141 |
109 |
97 |
59 |
|
Biodiversité |
89 |
114 |
74 |
43 |
76 |
|
Gaz à effet de serre |
108 |
64 |
67 |
122 |
100 |
|
Pollution à l'étranger |
125 |
65 |
91 |
120 |
72 |
|
Efficacité énergétique |
100 |
71 |
84 |
128 |
102 |
|
Impact de l'environnement sur la santé |
95 |
71 |
70 |
81 |
131 |
|
Accès à l'alimentation et l'eau potable |
57 |
67 |
55 |
70 |
106 |
|
Vulnérabilité aux catastrophes naturelles |
53 |
91 |
85 |
58 |
112 |
|
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Classement Africain |
3 |
9 |
1 |
2 |
29 |
Au plan du classement général,
prenant en compte l'indice composite calculé par l'étude, l'Algérie est
classée à la 72 ème place loin derrière la Tunisie et la Lybie. Sur le
continent Africain, l'Algérie ne se classe qu'en troisième position
après la Tunisie et la Lybie.
Cette hiérarchie dans le classement
est l'expression des synergies qui s'établissent entre deux tendances
antagoniques:
- Un classement favorable des
paramètres liés à accès à l'alimentation en eau potable, à la
vulnérabilité aux catastrophes naturelles, aux risques pour les
écosystèmes et à l'empreinte écologique.
Un classement défavorable sur
plusieurs facteurs importants à l'instar de la qualité de l'air et de
l'eau, la diversité biologique, la pollution à l'étranger, les gaz à
effet de serre, l'efficacité énergétique et l'impact de l'environnement
sur la santé
Notes de l'étude
Afin d’établir un classement à partir de l’IDH d’un pays donné et de ses
résultats dans les 13 catégories IDD retenues, nous avons normalisé les
14 chiffres ainsi obtenus. Nous avons ensuite donné une pondération de
50 % chacun à l’IDH et à l’IDD. Le score total a déterminé le
classement.
IDH : le classement retenu diffère légèrement de
celui publié par l’ONU, parce que ce dernier porte sur 177 pays tandis
que nous n’en considérons que 141. Cette différence est liée au
croisement des deux indices (IDH et IDD) : les données des deux indices
ne se recouvrant que partiellement, il a fallu abandonner certains pays.
Risque de pollution de l’eau : L’IDD mesure
l’impact sur l’eau de l’agriculture et de l’industrie, la quantité
d’engrais et de pesticides utilisés, ainsi que l’état de la ressource.
L’une des mesures est exprimée en tonnes de polluants organiques
industriels par km3 d’eau douce, une autre calcule la consommation
d’engrais pour 100 grammes de terre arable, une troisième considère la
consommation de pesticides par hectare de terre arable, enfin, une
quatrième repose sur le pourcentage du territoire national où la
consommation d’eau excède 40 % de la ressource disponible.
Risque pour l’écosystème : l’IDD combine la
mesure de l’évolution des forêts entre 1990 et 2000 avec le pourcentage
de terres exposées aux dépôts de SO 2.
Croissance de la population : l’IDD mesure
l’évolution prévue de la population entre 2004 et 2050. Il s’agit en
fait d’un ratio : population de 2050 projetée/population de 2004. Plus
le résultat est bas (score négatif) plus le classement est bon. Le Japon
a un ratio de -21, ce qui le place au 8e rang, tandis que le Koweït, qui
a un ratio de 182, se retrouve en 121e position.
Empreinte écologique : l’IDD mesure la surface
en hectares de terre cultivable par habitant nécessaire pour produire
les ressources utilisées et absorber les déchets.
Qualité de l’air : l’IDD mesure les principaux
polluants dans l’air des zones urbaines
Qualité de l’eau : l’IDD mesure les
concentrations d’oxygène, de phosphore, de particules… par litre d’eau
douce, ainsi que sa conductivité (présence de métaux).
Biodiversité : l’IDD note la biodiversité sur
une échelle à deux décimales entre 0 et 1. Ainsi, avec un score de 1,
l’Indonésie est au maximum avec une flore et une faune abondante et
diversifiée, tandis que l’Islande, avec un résultat de 0,11, arrive en
dernière position. A cette note s’ajoute le pourcentage d’espèces
menacées sur le nombre total d’espèces présentes dans chacun de ces
groupes : amphibiens, oiseaux et mammifères.
Gaz à effet de serre : l’IDD combine la mesure
d’émissions de CO 2 par million de dollars de PIB (en
dollars US constants de 1995) avec la mesure en tonnes de CO 2
par habitant
Pollution à l’étranger : l’IDD combine la mesure
des giga grammes de SO 2 produits par chaque pays et
diffusés au-delà de ses frontières avec la mesure du ratio des biens et
services polluants sur le nombre des biens et services importés.
Efficacité energétique : l’IDD mesure la
consommation énergétique en térajoules par millions de dollars de PIB.
Plus une économie est efficace, moins il lui faut d’énergie pour
produire biens et services. L’IDD combine cette mesure avec le
pourcentage d’énergie hydroélectrique et renouvelable dans la
consommation énergétique totale.
Impact de l’environnement sur la santé : l’IDD
combine les mesures des maladies intestinales, infectieuses et
respiratoires avec la mortalité infantile.
Accès à l’alimentation et à l’eau potable : l’IDD
combine le pourcentage de la population ayant accès à l’eau potable et
le pourcentage de personnes souffrant de malnutrition dans la population
totale.
Vulnérabilité aux catastrophes naturelles : l’IDD
combine le nombre moyen de victimes d’inondations, de sécheresse et de
cyclones par millions d’habitants avec un index de la Banque mondiale
qui mesure l’exposition à des risques naturels majeurs (tels les séismes
ou les éruptions).
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