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S’agissant du
marché des viandes rouges, un certain nombre de faits peuvent être mis
en exergue.
Les viandes rouges
et plus précisément la viande ovine algérienne est l’une des plus chère
au monde. Le niveau excessivement élevé des prix est la résultante des
synergies qui s’établissent entre quatre facteurs :
- Un marché
interne libre et structuré par le capital commercial privé.
- Une forte
demande générée par les catégories sociales à revenu élevé.
- Une faible
élasticité de la production locale .
- Un niveau de
protection trop élevé voire dissuasif, accentué par les politiques de
restriction draconiennes à l’importation des viandes liées aux mesures
de protection sanitaire.
En effet, le
niveau élevé des coefficients de protection nominaux et effectifs (CPN
et CPE) permet de relever que les élevages ovins et bovins
d’engraissement sont fortement protégés et isolés du marché mondial sur
lesquels les prix sont bas.
Les structures de
prix sont dominées par les marges prélevées par les réseaux privés de
commercialisation. En effet, le niveau des prix à la consommation des
viandes ovines sont fortement déterminés par l’importance des marges
commerciales, le coût de production oscillant entre 240 et 300 DA / Kg
Carcasse .
La situation de
l’élevage des ruminants à viande nous conduit à affirmer que nous sommes
en présence de véritables situations de rente qu’il faudrait
internaliser au sein des exploitations agricoles. Ceci est
particulièrement vrai pour les viandes ovines.
La consommation
des viandes rouges demeure très faible et a significativement baissé
durant la période de mise en œuvre du programme d’ajustement structurel.
En effet, selon une enquête réalisée par le CENEAP en 1998 (1),
sur un échantillon de 2000 ménages, il ressort que les fréquences
mensuelles de consommation des viandes rouges ont décliné de 40 % durant
la période 1993-1997.Cette baisse est essentiellement liée à la
dégradation du pouvoir d’achat des consommateurs et plus
particulièrement des titulaires des revenus fixes (les salariés).
Le niveau de
consommation des viandes rouges se situerait actuellement à 1O kg,
niveau relativement faible comparativement aux pays industrialisés. En
termes d’habitudes alimentaires, le marché Algérien est de prime abord
un marché de consommation de viandes fraîches ovines et bovines ; les
viandes camelines et caprines étant marginalement consommées notamment
dans les régions du sud du pays.
Enfin, nous
relèverons, depuis l’année 2002, l’apparition d’une tendance à la
consommation des viandes rouges congelées consécutivement à la
réouverture du marché algérien aux viandes importées. Les chiffres de
l’année 2004 sont à cet effet fort éloquents puisque, selon les
statistiques officielles, il a été enregistré durant les neuf premiers
mois de cette année, l’importation de prés de 100 millions de dollars
en viandes rouges congelées.
Bien évidement, le
rétablissement du flux des importations de viande est loin de pouvoir
rééquilibrer les prix internes et ce tant les besoins restent importants
et les circuits de commercialisation du bétail peu efficients .
(1)
CENEAP – Le programme d’ajustement structurel et ses effets sur
l’économie nationale. Enquête « «Ménages ». CENEAP, 1998.
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