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Introduction :
La structure de
l’élevage bovin est dominée, en Algérie, par la race locale, localisée à plus de
50% dans la région de l’Est-Algérien .
Sa concentration diminue avec la
pluviométrie décroissante, ce qui explique sa prédominance dans la zone humide,
voir la partie centrale et orientale de celle-ci .
La plupart
des grandes aires de bovin local se situent au Nord de l’isohyète supérieur à
400 mm de pluies. Ces aires concerneraient les zones de montagnes (Guelma ,
Skikda , Jijel) et les zones lacustres (Annaba , Tarf ), ces dernières sont les
lieux de l’échantillonnage.
Beaucoup
d’auteurs considèrent que le bovin local est l’espèce, parmi les ruminants, qui
a eu à subir le plus l’influence du sang des races étrangères et la décrivent
comme une ressource génétique hétérogène et effritée. Les tendances aux
transformations, qui étaient relativement les buts à atteindre, n’ont pas
abouties; les contraintes du milieu inaptes à une amélioration sur l’animal,
ont été probablement les causes essentielles.
Du coup,
une hétérogénéité élevée, due essentiellement à divers croisements est observée,
SADELER,1931 relève que les éleveurs font du métissage désordonné et font
reproduire même les métis entre- eux d’une façon incohérente. Ainsi cette étude
sur les profils phénotypiques et géniques nous permettra d’enrichir nos
investigations sur ce type de bovins, qui présente une variété de populations
ayant des caractères ethniques s’écartant très peu, que DECHAMBRE regroupe sous
la dénomination de
« Brune de l’Atlas ».
Matériel et méthode :
L’étude a
porté sur un groupe de 24 vaches adultes observées, dans différents endroits de
la région d’Annaba , pour 4 caractères ( corne, muqueuse, lunette et la livrée
).La méthode d’observation et d’enquête appliquée est celle préconisée par
LAUVERGNE pour l’étude des ovicaprinae méditerranéens en 1986, celle-ci a permit
par analogie de classifier les patrons pigmentaires(pigmentary pattern) du
bovin.
Résultats et
discussion
Tableau 1 :
Profils phénotypiques visibles du bovin de race locale de l’Est Algérien.
|
CARACTERE |
PHENOTYPE |
n |
q |
|
CORNES
|
Présence ( cornu)
Absence
( motte) |
21
03 |
0.875
0.125 |
|
LUNETTES
|
Présence
Absence |
12
12 |
0,500
0,500 |
|
MUQUEUSES |
Foncées
Claires |
09
15 |
0.375
0.625 |
|
LIVREE :
·
Patron . pigmentaire
·
Type d’eu mélanine
·
Altération pigmentaire
|
Eu
mélanique
Eu
mélanique et feu
Eu
mélanique et feu
Ventre
clair
Type
sauvage
Phaeomélanique
Noir
Brun
Normal
Rouan
Blanc |
01
04
02
10
07
07
17
10
07
00 |
0.041
0.166
0.083
0.416
0.291
0.292
0.708
0.588
0.412
/ |
Tableau 2 :
Profils géniques visibles du bovin de race locale de l’Est Algérien.
|
LOCUS
Nom symbole |
ALLELE
Nom symbole |
n
q |
|
CORNES
Ho
|
Wild (sauvage)
Ho+
Polled
Awt |
24 0.935
0.065 |
|
AGOUTI
A
|
Eu
mélanique
Awt
|
06 0.499
|
|
BROWN
B
|
Wild (sauvage)
B+
Brown
Bb |
17 0.840
0.160 |
|
ROAN Rn
|
Wild (sauvage)
Rn+
Rouan
RnRn
|
17 0.766
0.234
|
Le
tableau1 montre que :
·
87,5% des
vaches sont pourvues de cornes.
·
62,5% des
vaches présentent des muqueuses claires.
·
50% des
vaches ont des lunettes noires.
·
Le patron
pigmentaire est dominé par le
type sauvage(Wild type ) et le phaéomélanique avec respectivement 41,6% et
29,1%.
Le tableau2
renseigne d’emblée de l’existence d’une grande variabilité génétique, ce qui
permet d’assimiler la race bovine locale à une population de type traditionnel.
Les fréquences géniques mettent en évidence une dominance du locus BROWN qui se
manifeste sous sa forme sauvage (Wild) à pelage foncé, par l’intermédiaire de
l’allèle B+ avec une fréquence de 0,840. SADELER,1931 rapportait que
la robe foncée est la livrée qu’avait le type primitif. Aussi, nous notons une
altération pigmentaire normale observée sur 58,8% des vaches, que commande
l’allèle RnRn avec une fréquence génique de 0,234. Cela explique les
nombreux croisements et métissages qu’a eu à subir cette population, pour
preuve, la manifestation “ claire ” des muqueuses correspondant probablement à
des allèles homozygote pour ce caractère et la présence de lunettes noires
observées sur 50% des vaches, rejoignent d’abord le standard du charolais qui
précise une uniformité claire et sans tâche pour les muqueuses, puis celui de la
tarentaise qui met l’accent sur la présence de tours des yeux noirs. Ainsi
peuvent être confirmés des croisements avec les races charolaise et tarentaise.
Rapportés par nombres d’auteurs, ces races se sont avérées les vecteurs
améliorateurs les plus utilisés dans le passé par les éleveurs qui avaient alors
des désirs de tirer profit des productions de sujets issus de croisements. Ces
croisements consistaient en des options sur l’amélioration des qualités
bouchères qui offraient des voies salutaires pour l’exploitation du bovin local
dans un système de production « extensif »
de type traditionnel, où il est associé à des ressources fourragères dont leur
expansion sont aléatoirement soumises aux caprices du climat avec une dynamique
annuelle ou saisonnière de la masse végétale très fluctuante.
Les faibles
effectifs de vaches observées et étudiées n’ont pas permis d’avancer quelques
hypothèses concernant le rôle joué par les autres races amélioratrices ( Zébus,
Comtois, schwitz, pie noire, pie rouge…) utilisées dans les croisements avec ce
type de population. L’érosion génétique que l’on peut relever de cet échantillon
ne peut uniquement être l’œuvre des deux races mises en évidence dans cette
étude. Cette faible pénétrance génique n’est-elle pas la résultante des
difficultés du milieu qui étaient, avant tout, les éléments qui régulaient la
sélection. Les possibilités offertes aux autres races de s’adapter étaient
insignifiantes. C’est tout de même d’un intérêt judicieux de multiplier ce genre
d’investigation par des observations répétitives et diversifiées et d’en élargir
l’étude aux autres types de populations de bovin local.
Conclusion :
L’échantillon étudié correspondait ( bien que des indices de croisements
subsidiaires demeurent encore ) au type de population Cheurfa,
puisque près des 2/3 des vaches présentaient une livrée avec dilution en clair à
pelage gris clair, presque blanchâtre. C’est le type de bovin très fréquent dans
les régions lacustres de l’Est Algérien. La
variabilité visible très marquée observée auprès de cet échantillon de bovins
lui donne encore l’apparence d’animaux se rattachant à une
population traditionnelle.
Références
bibliographiques :
D’ARCES
P.J : La vache laitière en Algérie
LAUVERGNE
J.J : 1986 Méthodologie proposée pour l’étude des ovicaprinae méditerranéens .
Les colloques de l’INRA. LAUVERGNE J.J : 1996 C.H.S. DOLLING et
C.
RENIERI. Mendelian inheritence in sheep . ( M.I.S 1996) COGOVICA/COGNOSAG
.
QUITET
E : 1963 Races bovines Françaises .
SADELER .
M. : 1931 La population bovine dans le département de Constantine.
C.A.E.E.S : 1961,
Perspectives d’amélioration des productions. Fourragères et animales. Tome
2 :productions animales.
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