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Inexistant pour les uns, sujet tabou ou phénomène
artificiellement dissimulé par l’aisance financière relative de l’Etat pour les
autres, le phénomène de la pauvreté ne cesse de susciter des débats et des
controverses en Algérie. Néanmoins le fait est admis. La pauvreté connaît depuis
le début des années 90 un essor indéniable, en Algérie, concomitamment à la mise
du processus de réformes économiques.
La pauvreté en Algérie n’a été soumise à débat
qu’en 2000, à l’occasion de la conférence d’Alger. La pauvreté a ainsi été
consacrée comme une préoccupation importante pour le pays qui a justifié la
tenue de cette première conférence nationale de « lutte contre la pauvreté et
l’exclusion ».Dans un autre document élaboré par le PNUD, il est noté qu’en
Algérie une connaissance intuitive permet de relever que le phénomène s’est
accru au cours des dernières années.
Des mêmes auteuEn
Algérie, la pauvreté touche deux fois plus les zones rurales que les zones
urbaines et plus les femmes chefs de ménage et les personnes sans instruction.
La pauvreté reste un phénomène important en Algérie où elle s’exprime,
notamment, à travers un chômage endémique qui concerne prés 30 % de la
population active selon les statistiques de l’ONS. L’essor du chômage est sous
tendu par la faiblesse de la croissance économique même s’il faudra relever les
performances pour le moins surprenantes du secteur agricole ces dernières
années.
Le taux de la population active en chômage a été
par ailleurs fortement grevé par les réformes structurelles qui ont touché les
entreprises publiques. En effet, les réformes, mises en œuvre depuis le début
des années 90, ont été à l’origine de 460 000 pertes d’emplois et de la
fermeture de plus d’un millier d’entreprises financièrement déstructurées.
Des velléités de maîtrise de ce phénomène ont été
affichées, ici et là, à travers une approche strictement financière. Celle-ci a
consisté en la mobilisation des ressources publiques dont les effets sont restés
mitigés. En effet, le volume financier injecté dans ce processus par les
pouvoirs publics a été estimé à 14 milliards de dinars (1,4 milliard de francs)
auxquels il faudra rajouter les aides du PNUD (Programme des Nations unies pour
le développement) (700 millions de dollars) et celles attendues de la Banque
mondiale.
Une approche basée sur une logique de croissance de
type non monétariste a été aussi mise en oeuvre. Elle est axée sur la recherche
des équilibres macroéconomiques, sur la réduction du déficit budgétaire et sur
la minimisation du taux d’inflation. Jouissant d’une aisance financière
relative, permise par l’affermissement des recettes pétrolières, l’Etat a
développé des projets destinés à l’investissement et à la création d’emplois.
Plus de sept milliards de dollars ont, en effet, été injectés dans le premier
plan de soutien à la relance économique (PSRE). A ces derniers il faudra
rajouter cinquante milliards de dollars en soutien à la croissance économique,
sur cinq ans.
Enfin des micros projets de développement sont
financés dans le cadre de programmes de développement diversifiés (Agriculture,
développement rural, pêche artisanale, développement des régions du sud) se
donnant pour objectif explicite la réduction de l’étendu de la pauvreté en
Algérie.
En fait, si les ressources engagées par les
pouvoirs publics n’ont pas eu d’effets notables, c’est que le phénomène de la
pauvreté en Algérie reste mal appréhendé au regard de l’absence de connaissances
fines de ce phénomène.
La première conférence nationale de « lutte contre
la pauvreté et l’exclusion » a permis d’évaluer l’ampleur de la pauvreté et de
dégager des priorités d’actions possibles, en particulier, la définition d’une
« stratégie nationale de lutte contre la pauvreté et l’exclusion ». La
publication de l’étude élaborée en relation avec la tenue de cette conférence a
permis de mettre à la disposition des décideurs et des analystes une image
relativement fiable de la répartition des poches de pauvreté en Algérie, de
connaître la propagation spatiale du phénomène et sa localisation dans les
différentes régions.
Cette étude est le fruit d’un travail rigoureux,
financé par le PNUD, réalisé sur plus d’une année par une expertise algérienne,
devrait permettre aux acteurs engagés dans la résorption des poches de
précarité, de mieux appréhender les actions prioritaires, notamment dans le
contexte de la définition de la stratégie nationale pour l’avenir.
Mais, au-delà de cet effort ponctuel, les
connaissances restent encore insuffisantes pour assurer un ciblage pertinent des
ménages et des régions affectées par la pauvreté. Cette étude devrait également
pouvoir être suivie de nouvelles études, d’analyses et de publications
susceptibles d’approfondir la connaissance et l’action à même de faire aboutir,
en Algérie, l’objectif de réduction de la pauvreté et de l’exclusion.
De ce point de
vue, l’analyse du processus de formation des revenus des ménages ainsi que la
structure des dépenses de consommation méritent t-elle une attention plus accrue
des pouvoirs publics au regard des défis qui s’imposent en matière de lutte
contre la paupérisation des populations
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