Développement durable

REVENUS ET CONSOMMATION

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La pauvreté en Algérie :

La nécessaire connaissance scientifique du phénomène.

 

Inexistant pour les uns, sujet tabou ou phénomène artificiellement dissimulé par l’aisance financière relative de l’Etat pour les autres, le phénomène de la pauvreté ne cesse de susciter des débats et des controverses en Algérie. Néanmoins le fait est admis. La pauvreté connaît depuis le début des années 90 un essor indéniable, en Algérie, concomitamment à la mise du processus de réformes économiques.

La pauvreté en Algérie n’a été soumise à débat qu’en 2000, à l’occasion de la conférence d’Alger. La pauvreté a ainsi été consacrée comme une préoccupation importante pour le pays qui a justifié la tenue de cette première conférence nationale de « lutte contre la pauvreté et l’exclusion ».Dans un autre document élaboré par le PNUD, il est noté qu’en Algérie une connaissance intuitive permet de relever que le phénomène s’est accru au cours des dernières années[1].

 

Des mêmes auteuEn Algérie, la pauvreté touche deux fois plus les zones rurales que les zones urbaines et plus les femmes chefs de ménage et les personnes sans instruction. La pauvreté reste un phénomène important en Algérie où elle s’exprime, notamment, à travers un chômage endémique qui concerne prés 30 % de la population active selon les statistiques de l’ONS. L’essor du chômage est sous tendu par la faiblesse de la croissance économique même s’il faudra relever les performances pour le moins surprenantes du secteur agricole ces dernières années.

Le taux de la population active en chômage a été par ailleurs fortement grevé par les réformes structurelles qui ont touché les entreprises publiques. En effet, les réformes, mises en œuvre depuis le début des années 90, ont été à l’origine de 460 000 pertes d’emplois et de la fermeture de plus d’un millier  d’entreprises financièrement déstructurées.

 

Des velléités de maîtrise de ce phénomène ont été affichées, ici et là, à travers une approche strictement financière. Celle-ci a consisté en la mobilisation des ressources publiques dont les effets sont restés mitigés. En effet, le volume financier injecté dans ce processus par les pouvoirs publics a été estimé à 14 milliards de dinars (1,4 milliard de francs) auxquels il faudra rajouter les aides du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) (700 millions de dollars) et celles attendues de la Banque mondiale.

 

Une approche basée sur une logique de croissance de type non monétariste a été aussi mise en oeuvre. Elle est axée sur la recherche des équilibres macroéconomiques, sur la réduction du déficit budgétaire et sur la minimisation du taux d’inflation. Jouissant d’une aisance financière relative, permise par l’affermissement des recettes pétrolières,  l’Etat a développé des projets destinés à l’investissement et à la création d’emplois. Plus de sept milliards de dollars ont, en effet, été injectés dans le premier plan de soutien à la relance économique (PSRE). A ces derniers il faudra rajouter cinquante milliards de dollars en soutien à la croissance économique, sur cinq ans.

Enfin des micros projets de développement sont financés dans le cadre de programmes de développement diversifiés (Agriculture, développement rural, pêche artisanale, développement des régions du sud) se donnant pour objectif explicite la réduction de l’étendu de la pauvreté en Algérie.

 

En fait, si les ressources engagées par les pouvoirs publics n’ont pas eu d’effets notables, c’est que le phénomène de la pauvreté en Algérie reste mal appréhendé au regard de l’absence de connaissances fines de ce phénomène.

 

La première conférence nationale de « lutte contre la pauvreté et l’exclusion » a permis d’évaluer l’ampleur de la pauvreté et de dégager des priorités d’actions possibles, en particulier, la définition d’une « stratégie nationale de lutte contre la pauvreté et l’exclusion ». La publication de l’étude élaborée en relation avec la tenue de cette conférence a permis de mettre à la disposition des décideurs et des analystes une image relativement fiable de la répartition des poches de pauvreté en Algérie, de connaître la propagation spatiale du phénomène et sa localisation dans les différentes régions.

Cette étude est le fruit d’un travail rigoureux, financé par le PNUD, réalisé sur plus d’une année par une expertise algérienne, devrait permettre aux acteurs engagés dans la résorption des poches de précarité, de mieux appréhender les actions prioritaires, notamment dans le contexte de la définition de la stratégie nationale pour l’avenir.

Mais, au-delà de cet effort ponctuel, les connaissances restent encore insuffisantes pour assurer un ciblage pertinent des ménages et des régions affectées par la pauvreté. Cette étude devrait également pouvoir être suivie de nouvelles études, d’analyses et de publications susceptibles d’approfondir la connaissance et l’action à même de faire aboutir, en Algérie, l’objectif de réduction de la pauvreté et de l’exclusion.

De ce point de vue, l’analyse du processus de formation des revenus des ménages ainsi que la structure des dépenses de consommation méritent t-elle une attention plus accrue des pouvoirs publics au regard des défis qui s’imposent en matière de lutte contre la paupérisation des populations