Le fait est indéniable. Les ressources
biologiques d’Algérie s’inscrivent dans un espace physique marqué par l’aridité
du climat, l’exiguïté des structures agro foncières au Nord et l’étendue des
contrées pâturables vers le Sud. En effet, la superficie utile réservée à
l’agriculture (8 millions d’hectares) ne représente, respectivement, que 20 et 3
% de la surface totale réservée à l’agriculture (40.2 millions Ha) et de la
superficie totale du territoire national.
Les parcours et les forêts occupent 80 % de
l’espace destiné aux activités agricoles. Le territoire valorisé par
l’agriculture est caractérisé par une diversité de milieux et de ressources
génétiques végétales représentées par un large spectre de taxons et d’espèces
exotiques. La position biogéographique de l’Algérie et la structure de ses
étages bioclimatiques font de ce pays un gisement relativement important de
ressources biologiques qui a eu à subir, par ailleurs, l’influence de diverses
civilisations, en termes de flux et d’introduction de taxons et de types
génétiques croisés.
De fait, l’Algérie, partie prenante de la
région méditerranéenne, est considérée comme étant un centre de grande
variabilité génétique, ce qui lui permet d'être la source pour de nouveaux
caractères recherchés pour l'accroissement de la productivité et le maintien de
la viabilité de l'agriculture.
L' Algérie possède 3300
espèces vasculaires spontanées dont 168 sont endémiques. Ce matériel
végétal est non seulement en partie exploité pour la production agricole mais
intéresse également, pour ses caractéristiques spécifiques, beaucoup d’autres
secteurs d’activités économiques .
Ce matériel végétal a comme caractéristique la tolérance à la salinité, à la
sécheresse, aux hautes températures et au gel, la qualité technologique des
produits telle que la résistance aux maladies et l’adaptation aux milieux
difficiles. Ces caractéristiques lui confère des intéressements et des
possibilités d’évolution indéniables.
La problématique de cette catégorie du patrimoine biologique Algérien découle de
cette incapacité structurelle à assurer la couverture des besoins alimentaires
des populations. Les céréales connaissent des inhibitions à s’aligner sur une
productivité adéquate afin de réduire les importations dont le recours est très
coûteux à l'État (Une facture estimée à prés de 01 milliard USD faisant de
l'Algérie l'un des plus grands importateurs mondiaux de blés).
Les vergers agrumicoles vieillissants ne permettent présentement que des
productions aléatoires et ce aux plans qualitatifs et quantitatifs. Des facteurs
exogènes à l’agrologie ont accentué le dépérissement de beaucoup d’espèces
végétales et plus particulièrement de nos vergers.
L’expansion des cultures fourragères trouve sa contrainte dans la pluviométrie
insuffisante et corrélativement aux impossibilités d’irriguer. Les plantes
oléagineuses connaissent aussi des difficultés de développement où les
possibilités de transformation sont peu encourageantes.
Beaucoup reste à faire et une prise de conscience est impérative en ce qui
concerne certaines espèces telles que les palmeraies, les oliveraies et bien
d’autres espèces et plantes le plus souvent considérées comme "négligées".