Les espèces
d'ovicaprinae d'Algérie
Dresser
une classification des races ovines et caprines Algériennes, au vu de
la fragmentation qui caractérise ces espèces est chose aisée .
Bien que très hétérogènes, ces espèces se distinguent par une homogénéisation
autour de certains caractères phénotypiques. Toutefois, nous pouvons dire que les populations ovines et
caprines d’Algérie sont à classer dans le groupe des populations
traditionnelles.
Globalement,
les populations d’ovicaprinae d'Algérie gardent intact leur
variabilité génétique, bien qu’elles eurent à subir l’influence
des sangs des races standardisées.
LES
POPULATIONS OVINES
La classification des ovins en
Algérie repose sur l’existence de trois grandes races qui à leurs tours
présentent intrinsèquement des variétés, souvent identifiées à des
régions. Ces grandes races ovines sont:
LE
BERBÈRE.
Considéré comme l’ancêtre du mouton
d’Afrique du nord. C’est un animal de petite taille, à laine commune,
que l’on rencontre auparavant principalement en Kabylie, et à un degré
moindre dans l’Ouarsenis, avec les caractéristique légèrement
différentes. Généralement, il peuple les zones montagneuses du Tell
jusqu'à l’ouest où il se rapproche pour se confondre avec le BENI-GUIL.
Actuellement, le berbère semble complètement en voie de disparition des
régions qui font son berceau. On le rencontre encore dans l’Oranie où de
plus en plus il fait place au BENI- GUIL.
L’ARABE.
Introduit avec les invasions
Hilaliennes, il est de loin le plus important, en terme d’effectif, et
est le plus intéressant en terme de productivité. Il peuple les hautes
plaines telliennes et les vastes zones de la steppe. Ce type d’ovin haut
de pattes et aux membres forts est actuellement en pleine expansion.
LE
BARBARIN.
Originaire de Tunisie, on le
rencontre dans l’est du pays, dans la parties sud orientales. C’est un
mouton à grosse queue peu apprécié qui, de plus en plus, est
concurrencé dans son aire de prédilection par le mouton Arabe. Il vit en
vase clos, cantonné prés des frontières tunisiennes à El-oued
LA RACE
OULED- DJELLAL
Le mouton « Ouled-djellal » compose
l’ethnie la plus importante des races ovines Algériennes, occupant la
majeure partie du pays à l’exception de quelques régions dans le sud
ouest et le sud est.
C’est le véritable mouton de la steppe, le plus adapté au nomadisme.
C’est un ovin entièrement blanc à laine et à queue fines. La laine
couvre tout le corps jusqu’au genou et même jusqu’au jarret pour
certaines variétés. Le ventre et le dessous du cou sont nus pour une
majorité des animaux de cette race.
Sa tête est blanche avec des oreilles pendantes et présente une légère
dépression à la base de son nez. Ces cornes spiralées sont de longueur
moyenne, sa taille est haute. Sa hauteur est égale à la longueur du
tronc.
La forme de son corps est proportionnée, sa taille est haute, sa hauteur
est égale à la longueur du tronc. Sa poitrine est légèrement étroite,
les côtes et le gigot sont plats. Ses pattes sont longues solides et
adaptées à la marche.
La race Ouled-djellal comprend trois variétés :
- Variété Chellalia : C’est le type du mouton plus petit de taille et
plus léger.
C’est parmi cette variété que l’on classe la race TAADMIT qui est un
croisement Ouled Djellal x Mérinos d’Arles, qui est créée pour la
production de la laine. Il est, aussi, intéressant de citer la variété
Zâarez utilisée à cette fin.
-Variété lourde (Hodnia) :Ce mouton est plus recherché par les éleveurs
à cause de son poids corporel. Cet ovin est de forme bien proportionnée,
taille élevée, couleur paille claire ou blanche. La laine couvre tout le
corps jusqu’aux jarrets.
-Variété Djellalia : Mouton longiligne, haut sur pattes, adapté au grand
nomadisme. Il produit une laine blanche, fine et jarreuse. Le ventre et
le dessus du cou sont nus pour une majorité des bêtes de cette variété.
LA RACE
HAMRA.
C’est un animal à peau brune avec des
muqueuses noires. La tête et les pattes sont bruns rouge foncé presque
noir. La laine est blanche avec du jarre volant brun roux . Présence de
cornes moyennes et spiralées.
L’aire de répartition de cette race est située dans le sud-ouest ,elle
est rencontrée également au niveau du piémont de l’atlas saharien. Elle
couvre aussi le haut atlas Marocain chez les tribus des BENI-IGUIL d’où
elle tire son nom.
On la considère comme la meilleure race à viande en Algérie en raison de
la finesse de son ossature et de la rondeur de ses lignes. C’est une
race très résistante au froid et aux vents glacés des steppes de l’Oranie.
Trois variétés composent cette race :
- Le type d’El-bayadh, Mecheria à couleur acajou foncé.
- Le type d’El-arricha, à couleur presque noire, c’est le type le plus
performant, le type même de la race.
- Le type de Malakou du chott chergui, à couleur acajou clair.
LA RACE
REMBI
Se distingue des deux dernières races
par une couleur de la tête et des membres qui varient entre le fauve
rouge et l’acajou ,mais la laine est blanche, présence de cornes
massives et spiralées.
L’aire de répartition de cette race est comprise entre le chott
El-Gharbi à l’ouest et l’Oued-touil à l’est, on peut le retrouver au
nord jusqu’au piémont du massif de l’Ouarsenis.
C’est un animal haut sur pattes, il est considéré comme le plus grand
format de mouton d’Algérie. Sa conformation est meilleure que celle de
la Ouled-djellal. La forte dentition résistante à l’usure lui permet de
valoriser au mieux les végétations ligneuses et de retarder à 9 ans
l’âge de la réforme contrairement aux autres races réformées à l’âge de
6-7 ans. Il semble ainsi qu’elle est mieux adaptée que la Ouled-djellal
aux zones d’altitude.
LA RACE
BERBERE
C’est une race des montagnes du tell,
elle est présente tout le long des chaînes de l’atlas tellien. Elle est
petite de taille avec une toison de laine mécheuse, blanche et brillante
dite aussi Azoulai. Il existe quelque spécimens tachetés de noir. Les
cornes sont présentes chez les deux sexes, elles sont petites et
spiralées.
Cette race ne se rencontre actuellement que dans les chaînes
montagneuses du nord Algérien jusqu'à Tlemcen et Maghnia, c’est un
mouton qui n’a qu’un intérêt historico-culturel, il tend à être remplacé
à l’ouest par le mouton Hamra et à l’est par le Ouled-djellal.
LA
RACE D’MEN
Il parait morphologiquement
défectueux avec un squelette très fin à côtes plates . De petit format,
il semble tiré en arrière. La toison est généralement peu étendue. Le
ventre, la poitrine et les pattes sont dépourvus de laine. Les cornes
sont absentes, parfois des ébauches peuvent apparaître chez le mâle,
mais qui finissent par tomber. L’absence de cornage est un caractère
constant chez les deux sexes. La queue est fine et longue à bout blanc.
La très grande hétérogénéité morphologique de la D’MEN, laisse
apparaître trois types de populations :
- Type noir acajou, le plus répandu et apprécié.
- Type brun.
- Type blanc.
Les trois types présentent des queues noires à bout blanc et des
caractères de productivité ne signalant aucune différence significative.
Cette race saharienne est répandue dans les oasis du sud ouest
Algérien : Gourara, Touat, Tidikelt et va jusqu'à El-Goléa à l’est et se
prolonge dans les zones désertiques au sud de Bechar sous le nom de race
de TAFILALET, ou D’MEN.
La race très bien implantée au Maroc, c’est là qu’elle est la plus
étudiée et bien préservée.
LA RACE
BARBARINE
C’est un animal de bonne
conformation, de couleur blanche ,sauf la tête et les pattes qui peuvent
être bruns ou noirs .La toison est fournie. Les cornes sont développées
chez le mâle et absentes chez la femelle. La queue est grasse, d’ou
l’appellation de mouton à queue grasse ou mouton de Oued-Souf.
Son aire de répartition est limitée à l’est Algérien par l’erg oriental
à l’est de l’oued Rhigh et dans les régions avoisinantes de la frontière
Tunisienne. Cette race est remarquablement adaptée au désert de sable et
aux grandes chaleurs estivales.
LA RACE
SIDAHOU (= TARGUI).
C’est la seule race Algérienne
dépourvue de laine, mais à corps couvert de poils, la queue étant longue
et fine. Cette race se trouve dans le grand Sahara Algérien allant de
Bechar et passant par Adrar jusqu'à Djanet. On qualifie cette race de
résistante au climat saharien et aux grandes marches. C'est ainsi
qu’elle est la seule race qui peut pâturer les étendues du grand sahara.
LES POPULATIONS CAPRINES
L'espèce Capra
hircus se présente sous la forme d'une mosaïque de
populations très variées appartenant toutes à des
populations traditionnelles., Elle comprend en plus
de ces populations locales à sang généralement
Nubien, des animaux mélangés aux sang issus de races
standardisées.
L’ARABIA
La plus dominante de ces populations est la chèvre
Arabe dite population Arabo-maghrébine
Elle se localise en zone steppique ou semi steppique
et présente un format peu développé, brun foncé et
dépourvue de cornes.
Au niveau du phénotype elle manifeste des caractères
plus homogènes : Robe noire à long poils, pattes
blanches au dessus du genoux, raies blanches et
fauves sur le visage, tâches blanches à l’arrière
des cuisses.
Cet animal est parfaitement adapté aux contraintes
des parcours et semble posséder de bonnes aptitudes
de reproduction. La chèvre est principalement élevée
pour la viande de chevreaux même si son lait,
produit en faible quantité, représente un intérêt
indéniable. Elle est aussi saisonnée.
La
MAKATIA
Aux caractères assez hétérogènes, robe polychrome
aux poils courts, oreilles tombantes, elle semble
être le produit de multiples croisements réalisés à
partir de races méditérannéennes. Elle est peu
résistante sur parcours et son intérêt réside dans
sa production laitière et son adaptation à
l’environnement. Ces animaux sont également
saisonnés.
La
CHEVRE DU M’ZAB
Elle se retrouve surtout dans le sud et
serait un noyau de la Ombrine qui est une bonne
laitière et très fertile. Cette race est très
appréciée dans l’est méditerranéen pour ses
capacités laitières et fait partie du rameau
Nubio-Syrien.
La
CHEVRE KABYLE (Naine de Kabylie).
C’est une chèvre autochtone qui peuple les massifs
montagneux de la Kabylie et de l’ Aurès. Elle est
robuste et massive, de petite taille, de couleur
noirâtre ou blanchâtre avec de longs poils, c’est
une mauvaise laitière qui est appréciée pour sa
viande.
La
MONTAGNARDE DES AURES
C’est une chèvre qui ressemble à la naine
de Kabylie. Elle est très appréciée pour la qualité
et la longueur de ses poils. La différenciation par
rapport à la précédente population se situerait pour
les caractères « longueur des oreilles » qui
s’exprime par l’allongement, constituant une défense
contre les effets de la sécheresse et la «longueur
des poils » qui est à la base d’une industrie
artisanale.