8Vue
panoramique de la biodiversité biologique dans
le domaine de l'arboriculture en Algérie
C’est
le groupe d’espèces où la régression est si importante et même préoccupante.
Les espèces concernées sont la vigne de cuve, les agrumes, les dattes, les
figues sèches, l’olive de table et l’huile d’olive et aussi les espèces
fruitières à noyaux et à pépins. La réorganisation du secteur public
agricole entamé en 1987, a accentué d’avantage la déstructuration des
productions développées par le passé. La disparition des savoir-faire et une
politique d’encadrement inadéquate ont conduit à l’abandon des parcs à bois
et des champs de pied mère, ainsi qu’à la réduction de nombre de
pépiniéristes (collectionneurs et dépositaires de matériaux génétiques)
générant de faite l’abandon de l’entretien des plantations.
L’introduction de nouvelles espèces et variétés, principalement les espèces
à pépins n’a pas toujours fait l’objet de précautions d’usage nécessaires
pour évaluer les risques et apprécier leur comportement, notamment en
matière de maladies et d’adaptation. Les espèces locales spontanées et
sauvages d'arbres et d’arbustes à fruits comestibles, originaires des
différents écosystèmes algériens (variétés d’olivier, de vigne, de mûrier,
de châtaignier et de palmier), ne font pas l’objet de programme lié à la
connaissance, à la protection et à la conservation systématique. Il s’agit
souvent d’espèces rares ou très rares, menacées à brève échéance. Ces
variétés cultivées, installées depuis plus de 60 ans, dans des terroirs
spécifiques s’érodent de plus en plus. C’est le cas de certains cépages de
vigne de cuve et des variétés d’agrumes.
La viticulture. Celle
ci est localisée essentiellement à l’Ouest du pays. Le vignoble de
cuve a connu une régression considérable de ses superficies
pour se reconstituer de nouveau à l’orée de ce troisième millénaire,
contrairement au raisin de table pour lequel on observe une
augmentation de sa superficie. Une
chute importante de la production est à relever en raison de
l’arrachage de la vigne de cuve, du vieillissement et du rythme de
reconstitution très faible du verger viticole. L’encépagement
actuel présente un éventail assez restreint de cépages adaptés
aux différentes régions du pays ; en effet, la reconstitution du
vignoble se heurte au manque en plants suite à l’arrachage des champs de pieds mère.
L’agrumiculture.Le verger agrumicole s’étend sur une superficie
de 41380 ha, soit 8,38% de la superficie arboricole nationale, localisé
essentiellement dans les périmètres irrigués. La production des agrumes est
devenue tributaire de cette régression des superficies. Si les orangers,
qui détiennent plus de superficie que les autres espèces, n’ont pas connu de
changement, les clémentiniers et les pomelos ont accusé une régression, alors
que le citronnier connaît un regain d’intérêt. Culture intensive par essence
l’agrumiculture rencontre de nombreuses contraintes liées à’insuffisance des
ressources hydriques, à l’état défectueux des réseaux d’irrigation et de
drainage, à l’âge très avancé de plus de la moitié des plantations et à une
utilisation modeste des techniques agricoles modernes.
La
phoeniciculture.
Elle se localise au grand Sud et dans la steppe
où les plantations se sont mises en place lentement, suit une période de
plantation plus intensive entre 1910 et 1930. On compte actuellement 104390 ha
pour la palmeraie algérienne qui est composée d’environ 10 millions d’arbres,
dont un peu plus de 7,4 millions sont en production, générant une production
totale variable entre 2 et 4,3 Millions quintaux / an.
Il existe en Algérie trois familles de dattes :
Deglet Nour
(Confinée
à El-oued mais en expansion, occupe la première place avec 48 % de
la production totale),
Degla Baida (
vient en 2ème position avec 30,1 % de la
production totale) et
Ghars
et analogue, ( 21,6 %, produit 659000 qx/an, soit
22 % de la production totale).
L’un des principaux problèmes de la palmeraie est
la maladie cryptogamique, particulièrement le Bayoudh
(Fusarium oxysporum). On note, par ailleurs, que même si des études ont fourni
une connaissance, encore peu valorisée, sur la diversité génétique du palmier
dattier, peu d’informations relatives à l’état de conservation et les tendances
d’évolution des ressources génétiques sont disponibles actuellement.
L’oléiculture :
L’oléiculture occupe essentiellement les zones
difficiles. L’olivier est concentré au Nord, particulièrement dans le Tell. Le
secteur privé dispose de plus des 2/3 des surfaces. Un modèle d’épanouissement à
cette ressource doit être élaboré qui puisse amender aux incohérences qui
la guettent, entre autre le vieillissement du verger, son remplacement parfois
par des cultures spéculatives et l’exode de la main d’œuvre des zones
montagneuses propre à cette ressource.
Vu la rusticité et l’adaptation de l’olivier, sa
culture occupe les terres des zones difficiles, pentues et peu propres aux
autres cultures. Peu attractif concernant l’investissement et pendant longtemps
ignoré par les politiques agricoles et les plans de développement y afférents.
L’industrie de transformation accuse un retard sur le plan de la modernisation,
de la technologie et des politiques agressives de commercialités en sa faveur.
Concernant le matériel
génétique, les porte-greffes actuellement employés sont constitués de
populations hétérogènes, provenant de semis de noyaux d’olives de variétés
cultivées telles que Chemlal, Siguoise
et parfois d’oléastres, alors que les variétés nationales peuvent être
recommandées dans leurs régions d’origine. Chaouia et al (2003à (1).
Variétés d’olive d’Algérie
- Variété
Siguoise ou olive de Tlemcen appelée aussi
olive du Tell ou Picholine marocaine. On la rencontre de Oued Rhiou jusqu’à
Tlemcen. Sa zone d’extension déclinante arrive à la Mitidja. Cette variété
est utilisée principalement pour la production d’olives de table en vert ou
en noir est également appréciée pour la production d’huile.
-
Variété
Sévillane ou Gordal :
originaire de l’Espagne, cette variété à très gros fruits est localisée dans
les plaines sublittorales oranaises, elle est utilisée uniquement pour la
production d’olives de table en vert.
-
Variété Rougette de
la Mitidja :
elle est fréquente dans la plaine de la Mitidja et sur le piémont de
l’Atlas, à faible altitude, c’est une variété à huile.
-
Variété
Chemlal :
c’est l’olive à huile de Kabylie, elle s’étend de l’Atlas Blidéen jusqu’aux
Bibans et le Guergour. Sa grande vigueur lui permet de tirer parti des sols
maigres avec une huile de qualité. Accompagné des Azeradj et
Bouchouk, dont le fruit est parfois conservé, le vaste peuplement
de Chemlal est bordé par des variétés locales de très faibles extension ,
comme l’Aguenaou, par les variétés du Guergour et par celles du Soummam.
Ces variétés sont à double fin.
-
Variété Limli :
c’est
la variété des versants montagneux de la basse vallée de la Soummam jusqu’à
la mer. C’est une bonne variété à huile.
-
Variété Rougette et
Blanquette de Guelma :
se sont deux variétés à
huile et se trouvent en mélange dans les régions de l’Est du pays.
Le
verger arboricole fruitier.Représenté
par les rosacées à noyaux et à pépins ainsi que les espèces dites rustiques
essentiellement le figuier
et l’amandier,
le verger arboricole s’étale sur une superficie estimée à prés de 131120 ha.
Cette dernière connaît une progression qui concerne l’ensemble des
espèces.
- Le pêcher(Prunus persicae L.) réussit dans les zones
littorales à influence marine où le cumul en froid est limité.
- Le
néflier (Eriobotrya japonica L)
était cultivé antérieurement à l’arrivée des Français en 1830. Le fruit est
répandu sur le littoral. Il est également présent dans la Mitidja et à
l’intérieur du pays.
Le
pommier(Malus communis L) existant en Algérie
présente une gamme de variétés selon le besoin en froid. Les variétés à
faible besoin en froid (400 à 600 heures de froid) sont Llorca, Anna,
Dorset Gold. Les variétés à besoin moyen en froid (600 à 800 à heures de
froid) sont Golden et Reine des reinettes.
L’abricotier(Prunus
armeniace)se
localise essentiellement dans la régions des Aurès, dont la variété Louzi
occupe une partie importante des superficies. L’abricotier existe aussi dans les
régions du Hodna ainsi que dans les oasis présahariennes de Messad et de
Laghouat, où des variétés locales appelées Mech-Mech, l’AmorLeuch, originaire de Tunisie, et le Louzi
rouge originaire du Hodna donnent de bons résultats. Les variétés
commerciales cultivées dans le Chelif, l’Oranais, La Mitidja et le Hodna sont
principalement le Bulida, dont le BulidaHatif.
Le
prunier(Prunes
domestical) :
les variétés existantes sont classées en 5 groupes : prunes proprement
dites (Anna spath, Prune d’Ente et Stanley), Reines Claudes
(Reine Claude d’Athan, Reine Claude Verte ou dorée et Reine Claude violette),
les mirabelles (Mirabelle de Nancy et la Mirabelle petite), les
Quetsches (Qutsch d’Alsac, Quetsch d’Italie et Quetsche jauni) et
les
prunes japonaises qui s’adaptent le mieux au climat algérien
(Golden Japon, Santa Rosa et beauty).
(1)
Cf. MATE, 2004 -
Elaboration de la stratégie nationale et du plan d’action national de la
diversité biologique (phase 2 du projet ALG/97/G31). MATE - PNUD